« Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil. » (Rimbaud)
Cette phrase illustre la force-beauté du cinéma, c’est celle que prononcent Ferdinand/Belmondo et Marianne/Anna Karina, en voix off à la fin de Pierrot le fou de Godard après que Ferdinand s’est explosé à la dynamite, presque en chuchotant, dans un dialogue retrouvé et ténu.
La caméra quitte la mort de Pierrot par le feu pour partir vers la droite, vers la mer vide et lumineuse, elle quitte le suicide pour la mer (et l’art, l’éternité retrouvée, poésie mêlée de cinéma).


Cela me parle quand vous dites que le cinéma par son langage et par son contenu vise à l’éternité, tout comme à la poésie, au delà du fait narré lui-même. Grâce aux résonances mises en échos, perceptibles jusqu’à… selon chacun.
Un Roi sans Divertissement, le roman de Giono publié en 1947, se conclut aussi sur une explosion. En effet, au lieu de son habituel cigare, le personnage principal, fume un bâton de dynamite: « C’est la tête de Langlois qui atteint, enfin, les dimensions de l’univers. »
C’est l’art (cinéma ou poésie) qui permet de toucher un peu l’éternité… En tout cas c’est incroyable qu’on puisse passer de Rimbaud à Godard et à Giono, ces passerelles créées par les œuvres, merci pour ces commentaires…