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« Comme ils sont sanctifiés d’Absurde, les artistes qui ont brûlé une œuvre splendide ou qui, pouvant accomplir un chef d’œuvre, n’ont réalisé, délibérément, qu’une œuvre médiocre, ou encore, ces poètes du Silence qui, tout en se sachant capables de créer une œuvre absolument parfaite, ont préféré lui offrir la couronne de l’inaccomplissement absolu. (…)

Combien plus belle serait la Joconde si nul ne pouvait la voir ! Et si quelqu’un venait à la voler et à la brûler, quel artiste ce serait, un artiste bien plus grand que celui qui l’a peinte ! »

Fernando Pessoa Le Livre de l’Intranquillité de Bernardo Soares

J’apprécie la provocation : elle fait souvent avancer les choses, ou bien elle est signe que les choses avancent. Il arrive que la provocation devienne projet. C’est le cas de l’art contemporain où c’est souvent l’intention de provoquer qui compte.

(Ceci cache mal une recherche d’interlocuteur, une intention de communiquer : s’il n’y a pas de réaction, positive ou négative, la provocation tombe à plat).

L’art contemporain nous dit que l’œuvre n’est pas dans l’objet, qu’on peut exposer du vide, et démontre avec éclats, fracas et drôlerie, que l’art est bien un espace de liberté. Merci à lui pour cette ventilation salutaire.

J’ajoute cependant que j’aime aussi le foisonnement des musées et des villes, les forêts de marbre sculpté, les éclats de lumière d’une nature morte, bref tout ce frétillement, ces petites extases à la lecture d’un poème ou à la vue d’une toile – étincelles de bonheur.

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