« Yo creo que el ser de Granada me inclina a la comprensión simpática de los perseguidos. Del gitano, del negro, del judío, del morisco que todos llevamos dentro. »
« Je crois qu’être de Grenade m’incline à la compréhension sympathique des persécutés. Du gitan, du noir, du juif, de l’arabe que nous portons tous en nous. »
(Federico García Lorca, 15 janvier 1931, extrait d’une interview publiée dans La Gaceta Literaria )
C’est pour moi la plus belle déclaration de « non racisme » que j’aie jamais entendue.

Oui, en effet cet âge d’or de la mixité religieuse représente un idéal que j’aurais-nous aurions- bien envie de retrouver.
Merci pour cette version bilingue et ce regard d’un autre pays.
Très agréable en effet ce petit bain dans la langue espagnole dont j’entends les sonorités rien qu’à la lecture (même sans être hispanisante). Sur le fond, cette phrase exprime très bien que l’humanisme universaliste n’est en rien contradictoire avec nos particularités, appartenances, origines, adhésions ou indifférences religieuses. Et elle va même plus loin : c’est se sentir vraiment de quelque part (d’un lieu réel et aussi du lieu symbolique où nous plaçons notre être au monde) qui ouvre à la « comprension simpatica » (quelle belle expression) de l’autre. Vitale pour les persécutés certes, mais de toutes façons bienvenue pour chacun (e).
Oui on rêve de cet âge d’or qui au regard du temps est poussière, d’or certes : 50 petites années coincées entre conquêtes, reconquêtes, taxations religieuses, inquisitions et exclusions..
Mais cela fut : quelles furent les conditions d’éclosion de cet âge, quelles leçons en tirer ?
Reposait-il seulement sur la bonne volonté de gens qui lisaient Maimonide et Averroès? Mortes les personnes, finie la tolérance, ou ???