La citation qui m’accompagne depuis longtemps est celle-ci, de Blaise Cendrars :
« Pauvres poètes, travaillons. »
Je ne sais plus où la retrouver, mais elle revient assez souvent, dans ses « notes au lecteur inconnu » de plusieurs romans ou dans sa correspondance. Elle est reprise en fait du poème « La Chenille » d’Apollinaire, métaphore ironique de la longue et douloureuse création poétique. Chez Cendrars, c’est aussi une manière de se prendre la tête dans ses mains devant l’absurdité des choses et la connerie des gens, et se donner du ressort pour aller de l’avant.
C’est pourquoi je l’ai adoptée, et les occasions de se la murmurer ne manquent pas…
Récemment, j’ai été frappé par cette phrase prononcée par un personnage du roman Les Braises, de Sándor Márai, un vieil officier de l’armée impériale austro-hongroise. (Livre de Poche, trad. M. et G. Regnier)
« On prétend qu’arrivé à notre âge, on vit aussi longtemps que la vie nous intéresse. »
A prendre comme on veut. Et qui pour moi se passe de commentaire.

Merci pour ce partage! Oui, pauvres poètes que nous sommes, travaillons! J’ai adoré aussi « Les braises » de Sandor Marai ainsi que « Métamorphoses d’un mariage ». Je partage donc votre plaisir et cet amour de la vie qui nous pousse à créer!
Une belle à journée à tous!
Adrien
« Pauvres poètes, travaillons » : j’entends cet appel comme adressé non seulement aux poètes homologués, ceux qui écrivent des poèmes, ou aux écrivains, ou aux artistes en général, mais plus largement à tous les créateurs de vie. Ceux (et celles ô combien) qui s’efforcent de mettre au monde, à leur façon, par ce qu’ils font et ce qu’ils sont, un peu plus de beauté et de bonté, de lumière et d’intelligence, de justice et de joie, d’humanité en un mot. Pauvres oui, démunis. Mais par ce petit peu qu’ils savent donner, ils poétisent le monde.
Quant à la phrase de Marai, c’est un peu pour moi comme le coup du verre que l’on considère selon les jours à moitié vide ou à moitié plein …
Cette phrase tombe pile au moment où je n’en peux plus de labourer, ciseler, poncer les finitions de mon texte en prose poétique qui comprend 157 petites productions.
Et je me l’approprie volontiers, cette citation.