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Lorsque j’étais enfant, ma mère levant les yeux au ciel – sans doute pour prendre Dieu à témoin – disait à sa mère : «  cette petite est inconsciente »

Je ne savais comment l’entendre.

Bien des années plus tard afin de mettre cette affaire au clair (et bien d’autres) j’entrepris une analyse je tombai en amour pour mon psy (transfert) et par ricochet amoureuse de son gourou préféré : Jacques Lacan dont tout de go j’entamai l’étude avec frénésie .

Imaginez ma sidération d’apprendre que « Dieu est inconscient »! comme moi !! mon travail d’analysant, débuté enfant, ne faisait que commencer j’ignorais alors qu’il me conduirait du divan au fauteuil et qu’ un passage à l’art ferait de moi une artiste aux oreilles qui tintent.

La citation de Lacan se trouve dans le séminaire 11 Les quatre concepts de la psychanalyse (éditions du Seuil)

« Le vrai athéisme ce n’est pas que Dieu est mort . C’est dans la connaissance que Dieu EST INCONSCIENT. »

Mahé Boissel

Mahé Boissel

Je vis et travaille à Paris et dans le sud de la France. J‘écris dessine et peins chaque jour. Je pratique peinture dessin écriture broderie couture; je fais des assemblages , parfois des installations ; j’utilise essentiellement l’huile et les pastels gras mais aussi l’encre et tout ce qui se trouve à ma portée…….j’invente. Mon sujet est L’HUMAIN sous toutes ses formes et coutures et dans tous ses états : jeune ou vieux , beau ou ébréché, homme ou femme ou autre , triste ou gai; je me passionne pour les affres et les angoisses, les joies et les tourments de cet ÊTRE-là ; et pour tout ce qu’il dit de sa vie, comment il énonce la chose ou comment plus souvent il tente de la camoufler en parlant à côté !

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    6 Comments

    • Pierre Hélène-Scande dit :

      Dieu EST INCONSCIENT et Lacan est son PROPHÈTE. En toute conscience ?

    • Ariane Beth dit :

      Je saisis dans ce texte l’occasion de revenir à l’acception précise du mot inconscient en psychanalyse. Dans deux passages de ce séminaire 11 Lacan explicite son interprétation de la pensée freudienne.

      « L’ics de Freud n’est pas du tout l’ics romantique de la création imaginante. Il n’est pas le lieu des divinités de la nuit. (…) Le fait que Jung, relais des termes de l’ics romantique, ait été répudié par Freud, nous indique assez que la psychanalyse introduit autre chose. » (séminaire 11 chap 2 L’ics freudien et le nôtre, début section 3)

      Et à la fin de cette section 3 du même chapitre, à propos de l’analyse de Freud de son oubli du nom Signorelli (cf Psychopathologie de la vie quotidienne)

      « Le terme de Signor, de Herr, passe dans les dessous – le maître absolu, ai-je dit en un temps, la mort pour tout dire, est là disparue. Et aussi bien ne voyons-nous pas, là derrière, se profiler tout ce qui nécessite Freud à trouver dans les mythes de la mort du père la régulation de son désir ? Après tout, il se rencontre avec Nietzsche pour énoncer, dans son mythe à lui, que Dieu est mort. Et c’est peut être sur le fond des mêmes raisons. Car le mythe du ‘Dieu est mort’ – dont je suis pour ma part, beaucoup moins assuré, comme mythe entendez bien, que la plupart des intellectuels contemporains, ce qui n’est pas du tout une déclaration de théisme, ni de foi en la résurrection – ce mythe n’est peut être que l’abri trouvé contre la menace de castration. »

      L’occasion d’un petit bain dans la parole alambiquée de Lacan – prophétisme oblige …

      • Laure-Anne dit :

        Que nous fassions contresens ou dérive oblique sur la parole d’un maître, en quelque domaine que ce soit, peut importer, certes, au consensus sur la compréhension scientifique d’un concept, mais d’un autre côté, peut faire signe : que Lacan (que je ne connais pas ou si peu, qu’on veuille m’en excuser) se soit ainsi complu à élaborer des discours ambigus et prêtant au contresens cherchait peut-être à les faire s’exercer à entendre l’inconscient des souffrants (qui se fiche du vrai et du faux et du consensus) et à leur donner à voir…Entendre et voir, et la sensibilité (pas toujours romantique) de l’artiste se retrouve comme voie/ voix de guérison.
        Mais il est bien possible qu’en effet je n’aie rien compris.

        • Ariane dit :

          Déjà toute compréhension est au fond interprétation, alors avec Lacan qui interprète Freud … Ce qui compte en effet c’est ce que le travail psychanalytique produit en termes de libération et de dynamique. Freud dit : être (à nouveau) capable d’aimer et de travailler (incluse la création artistique).Un enjeu qui s’inscrit dans l’histoire précise du sujet, dans les difficultés de son rapport à l’autre concret, à la société, bref à la réalité.
          C’est pourquoi il n’a pas été d’accord (et Lacan à sa suite) avec Jung qui a plutôt tiré la cure analytique vers un parcours ésotérique.

          • MAHE BOISSEL dit :

            Ariane Je suis d’accord avec vous et Freud comprerndre (cum prendere ;prendre avec soi ) c’est déjà aimer et cette dynamique que produit le travail analytique nous pouvons bien la nommer désir ,pas seulement au sens lacanien mais dans son accetpion la plus vaste de condition nécessaire à toute création ?
            mrci pour vos retours

    • Jacqueline. dit :

      Ton inconscience comme celle qu’affirme Lacan à propos de Dieu , semble donner une puissance extrême à l’une comme à l’autre, un feu dérobé qui oblige à dépasser les limites. D’un chemin de vie en ce qui te concerne ?

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