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« J’ai embrassé l’aube d’été. » (Rimbaud Illuminations)

En fait c’est l’aube d’été d’abord qui nous embrasse, nous ouvre le jour comme on ouvre les bras.

J’aime le petit matin, j’aime l’été, saison dans laquelle j’éprouve la sensation profonde d’être reliée au monde. J’aime me répéter la phrase de Rimbaud, formule magique ou sacramentelle, pour dire l’adhésion, l’abandon à la vie, la joie qu’elle me soit donnée.

Peut être y a-t-il aussi pour toi, lecteurice, une saison, un moment du jour, où tu ressens particulièrement ce lien intime à la vie et au monde ? …

7 Comments

  • Jacqueline. dit :

    Il est vrai que l’aube me met en joie, Maissa le moment est si fugace . C’est pourquoi je préfère un autre instant dans lequel je me fonds plus longuement, le crépuscule.

  • Sophie Chambon dit :

    L’aube je ne sais pas bien: on ne la voit pas arriver en centre ville. Je me souviens de « l’aurore aux doigts de rose » de la mythologie. J’aime les cieux tiepolesques mais pour me sentir bien, je préfère l’arrivée du soir, cette lumière étrange qui adoucit les contours des choses. D’où mon désespoir en été dans le sud du moins où le soleil ne se couche jamais.
    Réflexion intéressante Ariane, plus que de sentir reliée au monde, je ressens alors un certain apaisement.

    • Jean-Marie dit :

      Après l’ondée, souvent, ce n’est pas mal non plus :

      « …et voyant sur l’eau et à la face du mur un pâle sourire répondre au sourire du ciel, je m’écriai dans mon enthousiasme, en brandissant mon parapluie refermé : Zut, zut, zut, zut. » Mais en même temps je sentis que mon devoir eût été de ne pas m’en tenir à ces mots opaques et de tâcher de voir plus clair dans mon ravissement… »

      • Laure-Anne dit :

        Je me suis tardivement convertie à l’aube et à sa suite, rose mais pas que, l’aurore, chanceuse que je suis de voir arriver ces deux discrètes sur les lignes de collines de craie et les toits de la ville, différentes chaque jour…

  • André Bellatorre dit :

    Oui l’aube d’été un classique mais que j’aime beaucoup pour sa faicheur revivifiante mais aussi pour le le jeu sur embrasser mais je l’apprécie aussi pour des raisons autobiographiques c’était le poème préféré d’Annie mon épouse.
    Moi je ne suis pas insensible à ce moment mais comme jean marie j’ai un faible pour « l’après ondée » quand le jour se retire. Je me laisse envahir par la mélancolie une autre façon d’apprécier l’air du temps

  • JJ+Dorio dit :

    Une aube affaiblie
    Verse par les champs
    La mélancolie
    Des soleils couchants

    Voilà Verlaine que je verse au dossier. L’aurore (des paroles), version soleil couchant, mélancolie et bile noire. Le soleil noir du Desdichado.

  • Pierre Hélène-Scande dit :

    De ces deux propositions, « J’ai embrassé l’aube d’été » et « C’est l’aube qui nous embrasse », j’incline à préférer la seconde, parce que ni conquérante, ni même dominatrice puisque l’aube nous ouvre le jour.

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