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Ça commence. Ou plutôt ça recommence.

Déjà, encore.

Ça a à peine terminé que ça surgit à nouveau, ça monte inexorablement, ça ondoie, ça craquelle de toutes parts.

C’est comme si le sol irradiait pour ne faire plus qu’un avec le ciel, d’un bleu hurlant, insolent.

Nous, devenus des êtres erratiques, rampons tels des fétus de paille à la recherche du sombre, du dedans, du liquide, des profondeurs nocturnes qui même elles, ne nous apaisent plus.

On palabre, on feint d’être surpris, on cherche le coupable, on dénonce, on pérore puis finalement l’on ralentit, l’on se recroqueville et l’on attend de pouvoir oublier jusqu’à la prochaine incandescence de la Terre. On sait au fond que rien ne sera plus comme avant, on se le dit mais on ne parvient pas à se le signifier. A force de l’avoir tant nié, on ne sait plus quoi en faire.

Désormais on le craint, les anciens s’en méfient.

Pourtant, durant de longs moins, on l’appelle de nos vœux puis on s’en voudrait presque de l’avoir fait.

Pourtant, aux premiers frimas, on aura la même tentation enfantine, le même plaisir coupable.

On en reparlera c’est sûr.

Avant, on appelait ça la belle saison.

Aujourd’hui, avant même d’avoir tout à fait commencé, l’été nous a déjà consumés.

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