… que les rassemblements de pensées semblables.

Je pense comme toi et donc je t’aime, si tu penses comme moi c’est que tu m’aimes. Pensons donc comme nous et la vie sera douce. Pas de place au doute qui risquerait de détruire l’harmonie de Notre bel édifice de croyances, à l’échange qui entraînerait des brèches fatales, à l’écoute profonde de l’adversaire, qui serait comme mettre le ver dans le bois. Préservons-nous grâce au «on est bien d’accord», «on sait bien que» sans débattre. On doit rester compacts. Heurts de glaciers à la dérive, armées déchaînées, néant après la bataille, plus jamais ça, rien que le calme des horizons linéaires.

Oui, ya pas mieux que la pensée unique tout confort pour produire l’image sereine de l’encéphalogramme plat. Mort cérébrale. Paix à nos êtres et pour l’éternité.

4 Commentaires

  • Ariane Beth dit :

    Oui voilà un Grrr essentiel à pousser… D’autant plus que le confort d’entre-soi de chaque tribu se construit le plus souvent sur la désignation d’une autre tribu à qui l’on accorde le statut de Grand Ennemi Menaçant. Et du coup on donne en toute sérénité libre cours à la violence, réelle ou symbolique, contre lui, « parce qu’on le vaut bien », Nous.
    Et puis autre Grrr collatéral pour moi : comment se trouve-t-il tant de gens qui relaient les non-pensées, tout en s’accordant le confort de n’en penser pas moins ?

  • l'heveder jacqueline dit :

    Réponse possible, la loi du confort maximum, l’instinct grégaire qui obligent à la duplication plus qu’à la réflexion. Tant qu’on est au chaud…
    Merci pour le commentaire pertinent!

  • Laure-Anne F-B dit :

    Je ggrr avec vous, ce n’est pas si nouveau, depuis le suivisme des adolescents en meute jusqu’aux militances aux discours précuits, en passant par la philo de comptoir, et le couronnement : les fesses du bouc ! Et paraît-il twitter, mais là je me suis gardée de m’inscrire pour aller vérifier. Courage, fuyons !

  • l'heveder jacqueline dit :

    Tout est dit, mais que ce grrr fasse le bruit nécessaire pour faire trembler ces murs agglomérés de sottise, j’en doute, mais ça fait du bien que la revue Fragile s’en fasse l’écho.

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