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Des paroles ou des bruits entendus, et qui nous ont pénétrés, peut être à notre insu, remuent en nous un monde ignoré de nous mêmes. (René Boylesve).

Voilà l’exergue choisi par Laurent Mauvignier pour La Maison Vide qui m’a fait réfléchir, d’un certain René Boylesve, auteur  inconnu de moi et que je ne lirai probablement pas. Cette rentrée littéraire que j’ai suivie avec un peu plus d’attention cette année car elle faisait une place conséquente au « roman familial » m’a plongée dans au moins deux romans dont je ne suis toujours pas sortie à tous les sens du terme.

L’autre exergue, celui d’Officier Radio de Marie Richeux, est bien plus direct mais pas moins vif : On peut aussi bien apprendre les choses en les vivant. (Clarisse Lispector L’heure de l’étoile).

Et vous, accordez-vous quelque importance à ces citations qui ouvrent un livre ? Prennent elles alors « une puissance imprévue »?

3 Comments

  • François dit :

    Merci pour ce rappel de l’intérêt des exergues.

    Pour ma part, c’est une fois faite la lecture de l’ouvrage que je reviens vers l’exergue pour en comprendre le sens. En imaginant que l’auteure ou l’auteur ont eux écrit tout un livre pour cela.

  • Sophie Chambon dit :

    En écho à ce retour, l’exergue est un voile qui peut se déchirer, une vibration commune entre l’écrivain et ses lecteurs. J’ai la même démarche que vous, revenant en général vers la citation qui peut éclairer l’écriture.
    Dans le cas de La Maison Vide, j’ai tout de suite pensé que l’exergue me donnait une clé : on a beaucoup commenté en amont l’origine du livre de Mauvignier, et j’avais été frappée de sa reconstitution d’une histoire familiale pour le moins tourmentée à partir de presque rien, de bribes de conversations, de photos où sa grand-mère était « effacée », pire découpée.

    • Ariane dit :

      Les exergues m’accrochent beaucoup aussi. Ils sont pour moi comparables aux premiers pas dans une maison inconnue, où nous assaille dès l’entrée toute une ambiance, images, sons, odeurs, bruits. Une impression en reste durant toute la lecture, et en effet je reviens à l’exergue, pour confirmer, préciser, ou interroger cette impression.
      Dans le même ordre d’idée, je suis très sensible aux titres. Qui cependant, comme les exergues d’ailleurs, ne tiennent pas toujours leurs promesses …
      Sinon, pour faire ma grincheuse, j’avoue que j’ai calé sur le livre de Mauvignier, et cela m’a étonnée car son propos est passionnant, et son style suffisamment accrocheur pour que j’aie tenu un moment. Je ne sais exactement ce qui m’a gênée. Un certain manque de simplicité, peut être …

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