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Chaque homme est seul et tous se fichent de tous, et nos douleurs sont une île
déserte. Ce n’est pas une raison pour ne pas se consoler ce soir avec des mots.

Albert Cohen. Le livre de ma mère.

A la suite de ces deux phrases qui sont au « commencement » du livre, l’auteur se montre incisif
envers l’écrivain qui se réfugie dans les mots. Je m’en tiens à ce début seul, car je le pense déjà
assez riche de sens.
Oui, les mots apaisent, enveloppent, protègent, sortent par le haut leurs créateurs du maelstrom,
de la bousculade inévitable d’une vie au quotidien, les font voler vers un monde qu’ils peuvent
maîtriser, même si c’est à l’issue d’un combat, un monde choisi, qui plus est rédempteur.
Comment ne pas se laisser consoler par eux…Et tant pis si viennent les reproches de s’y réfugier,
de délaisser la vraie vie.

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