Souvent ça commence bien
Souvent ça finit moins bien
Heureusement l’humain n’a accès ni à son avènement ni à sa fin
Son existence débute et s’achève sans qu’il y puisse mais
Dans l’intervalle une seule liberté pour chacun : choisir
J’ai choisi de créer.
Encouragée par un père aimant dès mes 6 ans je lui confie mes poèmes qu’il publiera aux éditions du TFP (le Très Fier Père)
Hélas écrire me fait pleurer, je comprends vite que les ennuis arrivent avec les mots et décide sagement d’attendre d’être vieille pour écrire vrai…
A la mort du père j’ai 20 ans j’abandonne l’université et ma thèse sur l’Image dans la Poésie Baroque
Débute ma vie d’artiste : J’écris avec chagrin
Je peins avec fureur
Je dessine avec énergie
Je brode avec patience
Créer requiert tout mon désir
Cela semble n’avoir ni début ni fin
Cela commence chaque matin, occupe ma vie entière.
L’urgence m’atteint de plein fouet, balafre le papier, croise mon cerveau, bombarde les souvenirs, torpille l’ âme. L’ensemble navigue en formation de guerre, attaque ma plage, prend d’assaut mon ile de tranquillité, me débusque de mon terrier, débarque à la marge : ce sont les mots avec leurs idées et leurs images en bataillons
Pour avoir la paix il faut les laisser dire et les coucher sur le blanc du papier ou l’enduit d’une toile vierge
Un jour un galeriste devant une de mes toiles me demande avec quoi je peins je réponds du tac au tac « avec élan » Peut être est-ce le début de toute oeuvre l’urgence l’élan sans oublier le reste !
