la mer en travail
la mer en travail
elle avait tout juste perdu ses eaux, la mer, quand il a gagné la terre ferme par voie basse, bosselé comme une coque après la tempête, poussant de petits cris de mouette. une algue rouge sang lui ceignait la tête.
puis vint la première brasse, le premier rot, la première tasse bue, le premier rire sur la place du village, la première pêche aux crabes toutes pinces dehors, le premier amour vécu.
la pleine-enfance.
*
la mer en travail
les émotions de voiles et de grands coefficients
le goût des orties la dictée des marées l’orge et le soleil.


La mère et la mer, la petite-enfance, cela fait beaucoup d’émouvants commencements dans ce joli début !
S’originer comme vivant dans la mer, et dans ce que ses échos dans notre langue nous disent de matriciel, que l’on ait grandi ou non près d’un rivage, peut expliquer pourquoi, même à l’autre bout de l’enfance, quand nous sommes vieux, la mer nous console et nous réjouit, nous sale, pacifie notre souffle…
Et c’est doux de le lire sur le rivage d’autrui.