Pendant mes études, vers la fin des années 90, il était souvent question de la « mort de la peinture » qui faisait planer une sorte d’interdit sur le plaisir de peindre. Édifier des règles, méthodes, protocoles ou contraintes plus ou moins espiègles pouvait être une ruse pour y parvenir malgré tout.
C’est de cette époque que je tiens quelques principes, fort simples, auxquels je reste néanmoins fidèle :
Garder un même format. (Désormais deux.)
Utiliser une seule couleur à la fois. (Jouer avec toutes ses variations chromatiques.)
Choisir un procédé simple : pas de chichi !
Repousser les limites de l’aquarelle. (Tâche de plus en plus difficile.)
Ces principes me servent avant tout à poser un cadre d’expérimentation face à l’immensité des possibles. Ils me permettent de me lancer, quitte à oublier l’un ou l’autre au passage – ce qui me semble d’ailleurs de plus en plus important. Et puis, il y a le protocole d’expérimentation en aquarelle, proche de l’expérience scientifique qui définit des conditions, les met à l’épreuve tout au long d’une série de tests. Je concède bien volontiers que ce protocole contienne une part de hasard. L’important est de faire ensuite des choix, de préciser les attentes, de trancher, pour ne garder à terme qu’une aquarelle « réussie ».

